Comment l’ESG crée de la valeur financière en private equity : les enseignements de BCI
Les données probantes de BCI montrent comment les critères ESG influencent l’EBITDA et les multiples de sortie.

epuis plusieurs années, l’ESG fait l’objet de critiques croissantes dans l’industrie du private equity. Trop politique. Trop complexe. Trop coûteux à suivre. Trop incertain dans un contexte réglementaire mouvant.
Certaines de ces critiques ne sont pas infondées.
Mais un point essentiel reste largement absent du débat — la seule question qui importe réellement aux investisseurs :
👉 L’ESG crée-t-il de la valeur financière ?
Une étude récente menée conjointement par Stanford Long-Term Investing et la British Columbia Investment Management Corporation (BCI) apporte l’une des réponses les plus claires et les plus étayées par les données à ce jour.
Le constat est sans appel : lorsqu’il est abordé comme une véritable discipline d’investissement, l’ESG peut accroître de manière significative la valeur d’entreprise.
Cet article explique comment.
ESG et création de valeur en Private Equity : une approche financière
BCI Private Equity et Stanford Long-Term Investing définissent la création de valeur ESG comme :
Un ensemble de signaux ESG qui deviennent financièrement matériels lorsqu’ils influencent les principaux moteurs de l’entreprise, tels que la rentabilité, l’exposition aux risques, l’allocation du capital ou encore la préparation à la sortie.
Cette définition marque une rupture claire avec les discours d’impact abstraits. L’ESG n’a de sens que s’il influence les flux de trésorerie, la trajectoire de marge, la volatilité des résultats ou les multiples de valorisation. En pratique, les données ESG sont analysées comme n’importe quel KPI opérationnel ou indicateur stratégique, à l’aide d’un cadre d’analyse conçu pour identifier ce qui est réellement matériel pour le modèle économique.
Ce positionnement est fondamental. Il fait de l’ESG un outil au service du jugement d’investissement, et non une contrainte externe imposée au processus.
Création de valeur ESG vs gestion des risques ESG
L’un des apports majeurs de l’approche de BCI Private Equity est la distinction claire entre gestion des risques ESG et création de valeur.
Dans la majorité des fonds de private equity, l’ESG reste cantonné à une logique défensive. BCI PE, au contraire, sépare explicitement ces deux dimensions et leur attribue des rôles distincts tout au long du cycle d’investissement.
L’ESG comme outil de gestion des risques (avant l’investissement)
En phase de pré-investissement, l’ESG est principalement utilisé pour identifier et chiffrer les risques. Il est intégré aux travaux de due diligence ESG menés par des prestataires spécialisés (ESG Vendor Due Diligence), au même titre que les analyses commerciales, financières ou juridiques.
Les conclusions de ces analyses peuvent influencer directement les hypothèses de valorisation, les scénarios baissiers, ainsi que la structuration des clauses ESG dans les pactes d’actionnaires ou les contrats de financement.
À ce stade, l’ESG génère rarement un potentiel de hausse immédiat. Son rôle est avant tout de protéger la valeur : réduire l’incertitude, clarifier les passifs et s’assurer que les risques sont correctement reflétés dans le prix, les garanties et les covenants.
L’ESG comme levier de création de valeur (pendant la période de détention)
Le véritable point de bascule intervient après le closing. Pendant la période de détention, l’ESG passe d’un outil défensif à un levier actif d’amélioration de la performance et de différenciation stratégique.
Les initiatives ESG sont alors sélectionnées, financées et déployées parce qu’elles sont susceptibles d’avoir un impact direct sur l’EBITDA, de réduire la volatilité des résultats ou de renforcer la qualité du dossier de sortie. L’ESG ne sert plus à éviter des risques, mais à générer de la valeur additionnelle.
Cette distinction est clé. Beaucoup d’investisseurs s’arrêtent à la gestion des risques. Très peu franchissent le pas vers une création de valeur pilotée par l’ESG.
Les principes d’intégration ESG de BCI Private Equity
La stratégie ESG de BCI Private Equity repose sur trois principes, appliqués avec le même niveau d’exigence que pour tout autre levier d’investissement.
Rigueur – l’ESG comme discipline d’investissement
Les initiatives ESG sont soumises aux mêmes standards d’analyse que les projets financiers ou opérationnels. Les hypothèses doivent être explicites, les données auditables et les résultats mesurables. Cette rigueur permet de discuter de l’ESG de manière crédible, aussi bien en comité d’investissement qu’avec les parties prenantes externes.
Rentabilité – des initiatives ESG fondées sur la matérialité financière
Les initiatives ESG ne sont priorisées que lorsqu’elles influencent directement les moteurs fondamentaux de création de valeur : expansion des marges, efficacité des coûts, intensité capitalistique, rendement ajusté du risque ou potentiel de multiple à la sortie. L’ESG n’est pas traité comme un centre de coûts, mais comme un levier transverse de création de valeur.
Intégration – l’ESG tout au long du cycle d’investissement
L’ESG est intégré à l’ensemble du cycle d’investissement. Il ne constitue pas un chantier à part, mais est pleinement incorporé aux due diligences, aux revues de portefeuille, aux plans d’intéressement du management (MIP) et à la préparation des sorties. Cette intégration garantit l’alignement entre objectifs ESG et performance financière.
L’intégration de l’ESG à chaque étape du cycle d’investissement
Ce qui distingue clairement BCI Private Equity est sa décision d’intégrer l’ESG à chaque étape du cycle d’investissement, avec le même niveau d’exigence que l’analyse financière ou stratégique.
L’ESG en phase de due diligence
Lors des due diligences, l’ESG est analysé en parallèle de la dynamique de marché, du positionnement concurrentiel et de la performance financière. La VDD ESG permet d’identifier les risques matériels, mais aussi de faire émerger des opportunités encore absentes du business plan.
D’un point de vue investissement, l’ESG peut :
- Mettre en lumière des risques latents
- Justifier des ajustements de valorisation
- Clarifier les déclarations et garanties
- Identifier de futurs leviers de création de valeur
À ce stade, l’ESG joue principalement un rôle de filtre des risques, tout en posant la base de référence nécessaire pour mesurer les créations de valeur futures.
L’ESG pendant la période de détention : des données à l’EBITDA
C’est ici que l’ESG devient réellement déterminant sur le plan financier.
L’expérience de BCI PE met toutefois en évidence un prérequis essentiel : disposer de données ESG fiables, cohérentes et comparables à l’échelle du portefeuille.
Sans données de qualité, l’ESG ne peut ni être piloté, ni priorisé, ni monétisé. C’est précisément là que des plateformes comme Greenscope jouent un rôle clé, en permettant de transformer des signaux ESG en analyses financièrement pertinentes à grande échelle.
Compte tenu de ressources ESG internes limitées et de portefeuilles étendus, BCI PE a fait un choix très clair :
- Se concentrer exclusivement sur des initiatives avec un ROI démontré ou projeté
- Exiger un impact minimal attendu sur le multiple de sortie (≥ 0,25x)
Cette discipline produit deux effets majeurs :
- Une priorisation claire des initiatives
- Une forte implication des équipes d’investissement, car les initiatives ESG ont un impact direct sur :
- l’EBITDA
- les conditions de sortie
- les plans d’intéressement du management
L’ESG cesse d’être une contrainte pour devenir un objectif financier partagé.
L’ESG à la sortie : construire un récit de création de valeur crédible
À la sortie, l’ESG n’a de valeur que s’il est crédible, documenté et clairement relié à la performance opérationnelle. Les acquéreurs et sponsors financiers examinent de plus en plus l’ESG dans le mémorandum d’information, non pas pour la complétude du reporting, mais pour évaluer la résilience et le positionnement stratégique de l’entreprise.
Lorsque les initiatives ESG sont liées à la réduction des coûts, à la stabilité des revenus, à la robustesse opérationnelle ou à l’alignement avec les attentes clients, elles renforcent l’equity story et réduisent le risque perçu. Sur la durée, cela peut se traduire par une hausse du multiple de sortie - à condition que la performance ESG ait été suivie de manière rigoureuse tout au long de la période de détention.
L’ESG améliore-t-il réellement la performance du private equity ? Des cas concrets
Le portefeuille de BCI PE fournit plusieurs exemples tangibles de création de valeur portée par l’ESG.
Société de logistique – la performance par le capital humain
Dans une entreprise de logistique, BCI PE a soutenu la mise en place d’un modèle opérationnel centré sur les chauffeurs. Initialement conçu comme un programme social, le dispositif a généré des bénéfices financiers mesurables : baisse du turnover, réduction des accidents, diminution de la consommation de carburant et amélioration de la compétitivité lors des appels d’offres.
Ces gains opérationnels ont conduit à une création de valeur estimée à 144 millions de dollars, étayée par des données opérationnelles et financières.
Entreprise industrielle B2B – l’EHS comme levier de croissance
Dans un autre cas, BCI PE a accompagné une entreprise industrielle B2B dans la refonte complète de sa stratégie EHS. Au-delà de la réduction des primes d’assurance et des interruptions opérationnelles, cette démarche a permis à l’entreprise d’accéder à de nouveaux marchés, à mesure que les critères ESG s’intégraient dans les processus d’achat des clients.
L’impact combiné représente environ 159 millions de dollars de création de valeur estimée.
Messages clés pour les investisseurs en private equity
Dans l’ensemble du portefeuille de BCI PE, l’ESG n’a jamais été abordé comme une obligation de reporting ou un exercice de communication. Il a été utilisé comme un levier financièrement matériel, influençant l’EBITDA, l’exposition au risque, les options stratégiques et les conditions de sortie.
Le message est clair : l’ESG ne crée de la valeur que s’il est traité avec la même exigence que n’importe quelle autre variable d’investissement. Cela suppose des données robustes, un cadre d’analyse clair, une priorisation fondée sur le ROI et un alignement fort entre objectifs ESG et incitations financières.
Conclusion - l’ESG n’est pas politique, il est financier
Le débat sur l’ESG en private equity passe souvent à côté de l’essentiel. La vraie question n’est pas de savoir si l’ESG doit compter, mais s’il est géré comme un élément à part entière du processus d’investissement.
L’approche de BCI Private Equity montre que lorsque l’ESG est intégré à l’ensemble du cycle d’investissement, fondé sur la donnée et directement relié à l’EBITDA et aux multiples de sortie, il devient un puissant moteur de création de valeur.
Les pratiques et cas d’usage de BCI Private Equity montrent ainsi que l’ESG peut augmenter les multiples de sortie de 5 à 15 %, lorsqu’il est directement lié à l’amélioration de l’EBITDA, à la stabilité des résultats et à une réduction des risques clairement documentée tout au long de la période de détention.
Il ne s’agit pas d’idéologie.
Il s’agit de discipline d’investissement - et c’est en train de devenir un avantage compétitif majeur pour les investisseurs en private equity les plus sophistiqués.
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